Comment protéger vos chevaux des piqûres et des maladies qu’elles transmettent — un sujet de santé, mais aussi d’élevage
Avec le printemps et l’automne, les tiques redeviennent actives. Ces parasites externes se fixent sur la peau pour se nourrir de sang et peuvent, à cette occasion, transmettre des maladies vectorielles — au premier rang desquelles la piroplasmose.
L’essentiel à retenir : la transmission n’est pas instantanée. Elle survient généralement après 12 à 24 heures de fixation. Un retrait rapide réduit donc nettement le risque d’infection. D’où l’importance d’un geste simple et régulier : inspecter ses chevaux.
1. Entretenir les pâtures
L’entretien des prairies est un levier de prévention essentiel :
- fauche régulière des refus ;
- broyage des zones envahies ;
- gestion des haies et des bordures.
⚠️ Facteurs de risque à connaître : les pâtures proches de bois, le contact avec des ruminants et l’hébergement dans la moitié sud de la France augmentent l’exposition. À garder en tête au moment de choisir et d’aménager ses parcelles.
2. Inspecter son cheval, le geste-clé
Après une sortie ou un séjour prolongé au pré :
- examiner soigneusement le pelage ;
- contrôler les zones sensibles : aisselles, plis de peau, base de la queue, entre les membres, sous la crinière, ainsi que les ars et le pli du grasset ;
- retirer rapidement toute tique détectée.
3. Retirer une tique correctement
Le retrait doit être soigneux pour éviter d’aggraver le risque :
- utiliser une pince adaptée (tire-tique), par un mouvement de rotation pour retirer l’ensemble du parasite ;
- saisir la tique au plus près de la peau ;
- tirer délicatement, sans écraser le parasite.
⚠️ Ne jamais presser la tique : cela peut provoquer une régurgitation de substances potentiellement infectieuses. Un rostre laissé en place peut entraîner une réaction locale — d’où l’importance d’une manipulation propre.
4 – Les périodes à risque
Les tiques sont surtout actives au printemps et à l’automne, mais peuvent être présentes dès que les températures sont douces, en particulier dans les zones humides et boisées. Une surveillance toute l’année reste recommandée.
⚠️ Pourquoi c’est aussi un sujet d’éleveur
La piroplasmose n’est pas qu’une affaire de cheval adulte au travail. Deux raisons en font un enjeu d’élevage à part entière :
- Transmission de la jument au poulain : la piroplasmose peut se transmettre de la mère gestante au foal (voie transplacentaire), avec un risque d’avortement, de poulain mort-né ou de poulain naissant déjà atteint.
- Pas de vaccin disponible à ce jour : la prévention (gestion des pâtures, inspection, retrait rapide) est le seul vrai levier.
À noter aussi : selon le parasite en cause, le cheval se débarrasse souvent de Babesia caballi, mais Theileria equi est bien plus difficile, voire impossible, à éliminer — un porteur peut le rester durablement.
💡 En cas de signes (fièvre, abattement, urines foncées, muqueuses jaunes), contactez rapidement votre vétérinaire : seul un examen sanguin permet de confirmer le diagnostic.
À LIRE / À ÉCOUTER — SOURCES OFFICIELLES
- Tiques chez le cheval : comment protéger efficacement les équidés ? (RESPE)
- La piroplasmose équine — Équipedia (IFCE)
- Podcast IFCE — Tout savoir sur la piroplasmose et la maladie de Lyme
- Projet de recherche participative PiroGoTick (piroplasmose)










